Trudeau s’en va-t’en Inde — S’adapter aux couleurs locales

La famille Trudeau s'adapte à la culture indienne

Une pléthore de fils de nouvelles, de Tweets et de clichés Instagram a commenté les habits du premier ministre canadien et de son clan lors de leur récente visite en Inde. Était-ce un faux pas, un lointain écho des Habits neufs de l’empereur ou plutôt un hommage culturel coloré qui a tant fait frétiller les claviers médiatiques? Sous la lorgnette de l’intelligence culturelle, on insinue plutôt une ferme volonté d’adaptation à la culture locale.

 

Respecter la culture locale

Correspondre au code vestimentaire local n’est pas rare pour une figure politique en visite à l’étranger. Ce geste de bonne foi aspire essentiellement à faire preuve de respect pour la culture et les couleurs locales. Familier avec cette pratique, Justin Trudeau a souvent adapté sa garde-robe au ton d’autres nations, allant jusqu’à porter les couvre-chefs de cérémonie lorsque l’imposait le protocole culturel local.

À mon humble avis, le premier ministre canadien compte parmi les chefs d’État les plus sensibles au style et au bon goût. En préparation à sa mission indienne, son entourage a d’ailleurs fait appel à des experts en la matière. Certaines des tenues de son épouse Sophie Grégoire-Trudeau ont été conçues par Anita Dongre dont la réputation s’étoffe « comme designer de choix pour les dignitaires étrangers en visite officielle en Inde ».

Culture, affaires et diplomatie

Soulignons qu’au-delà du souci de style et d’exactitude, les vêtements qu’ont portés Trudeau, sa femme et ses 3 enfants reflétaient souvent des exigences culturelles. « À Amritsar, par exemple, Trudeau, son fils et ses ministres portaient un couvre-chef orange appelé ramal requis pour entrer dans le saint temple d’or des sikhs. Pour les mêmes raisons, Sophie, Ella Grace et plusieurs femmes ministres de Trudeau portaient chacune une longue écharpe appelée chunni, pour se couvrir la tête. »

Mais il n’y a pas que le respect du code vestimentaire. La mission canadienne a aussi observé les pratiques d’affaires indiennes, ne manquant pas de retenir l’attention d’observateurs moins avisés culturellement. La très crédible CBC a rectifié un chroniqueur du magazine canadien Maclean’s qui insinuait un manque de sérieux du premier ministre, car ce dernier a tenu ses rencontres avec des chefs d’affaires indiens dans des hôtels plutôt que dans leurs usines. La CBC de répondre : « De Bombay à Bay Street, les vrais PDG font souvent des affaires dans des suites d’hôtels cinq étoiles, et non dans des usines. »

D’autres commentateurs ayant sans doute omis de vérifier les codes culturels diplomatiques auraient même imaginé un froid entre le premier ministre canadien et son homologue indien, car ce dernier ne l’a pas accueilli à l’aéroport. Or, rien dans les protocoles diplomatiques n’indique l’essentiel d’une telle pratique. Quant au froid imaginé, il semble s’être rapidement réchauffé d’une chaude accolade échangée entre les deux chefs d’État à leurs retrouvailles à Delhi.

Faux pas et perceptions

Outre l’enthousiasme relevé de la délégation canadienne à s’adapter à la culture indienne, il semble que si faux pas il y a eu, il provenait plutôt des claviers pressés et moins culturellement informés. Les observateurs ont peut-être réagi à l’étonnement sans trop tenir compte des retombées là où les gestes posés importaient soit, en Inde.

À savoir : la mission économique du premier ministre canadien en Inde aura rapporté plus d’un milliard de dollars en contrats et aura sans doute renforcé les relations essentielles entre l’Inde et le Canada.