Éloge de la diversité linguistique

Marché de Sarlat

Vivement le retour des allers immersifs ! Première virée européenne depuis le hiatus pandémique, je fais un saut à Londres pour discuter intelligence culturelle à la Grand-messe des certifiés, converties et curieux. De beaux échanges, surtout dans la langue d’Élizabeth II, contexte oblige en terre britannique. Puis, séjour en Dordogne pour explorer les délicieuses saveurs périgourdines avec en prime, bain linguistique aux mille nuances de la langue française. Rien n’égale l’immersion culturelle pour mieux développer son intelligence culturelle* !

Bain de cultures françaises

Le voyage nous invite, voire nous incite, à sortir de notre zone de confort, en commençant par la langue. Et si plusieurs optent pour des pays où l’on parle « la même langue », la diversité linguistique d’une même langue présente souvent de beaux défis… et de jolies variations.

En séjour chez des amis, j’expérimente les mœurs locales plutôt que de visiter en touriste. Je profite du jour de marché pour faire le plein de victuailles (au Québec, on préférerait « bouffe »), courir les brocantes (dit ici, les « antiquaires ») et grappiller dans les vide-greniers (la très québécoise « vente de garage », mais à grande échelle). Mon plaisir dépasse toutefois les belles trouvailles. À écouter et à discuter avec les commerçantes et les passants, je découvre mille accents et expressions. J’apprends de nouveaux mots locaux et élargis mes connaissances* d’une langue aussi mienne, mais arborant ses couleurs locales.

La grammaire française se diversifie

Les nuances de langues ont rarement été explorées hors du contexte de sa nation. Au Québec, plusieurs d’entre nous ont appris le français à l’aide du Précis de grammaire française, la classique Grevisse, conçue en France et faisant la promotion du « Bon usage ». Or, on y considérait peu ou pas les disparités entre le français canadien et celui de France.

Il a fallu attendre le Multidictionnaire de la langue française de la linguiste québécoise Marie-Éva de Villiers, publié pour la première fois en 1988, pour recenser notamment les canadianismes de ce côté de l’Atlantique. Puis, en 2021, un large collectif linguistique publie la Grande Grammaire du français, une version plus inclusive de la langue qui « dresse l’état des lieux de la variété et de la vitalité du français contemporain, dans ses usages écrits et oraux, en France et hors de France ». Un grand pas vers une écriture plus inclusive !

Mieux s’adapter

Élargir ses connaissances, c’est déjà un bel effort pour développer son intelligence culturelle. Mais poussons l’effort plus loin pour passer à l’action* autrement dit, mieux s’adapter. Si déjà, mon français est métissé pour avoir vécu et travaillé avec plusieurs personnes d’origine Française, je tente de monter d’un cran mon adaptation linguistique.

Après une journée de « shopping » (plutôt que de « magasinage » montréalais), ma copine et moi nous arrêtons pour l’apéro dans un pub britannique en plein cœur de Bordeaux (je n’invente rien). Dans cet établissement où l’on ne parle que français en dégustant une bière anglaise devant un match de foot, je commande un verre de rouge (je suis à Bordeaux, après tout).

Tenaillée par une fringale, je demande au serveur des « croustilles », faisant l’effort de choisir le « bon » mot (tel que le suggère Termium Plus, banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada) plutôt que « chips », préféré chez moi. Or, le serveur me reprend : « Vous voulez des chips ? », dit-il, sans le « t » sous-entendu devant le « ch » qui rappelle son origine anglaise. Et voilà la Canadienne « franglaise » déjouée !

Délicieuse motivation

Nombre de facteurs, tant intrinsèques qu’extrinsèques, motivent* mes élans nomades. Explorer la diversité linguistique, les tendances émergentes, la mode, l’architecture, et toute forme d’expression culturelle. Mais trônant bien haut dans la liste de mes motivateurs : la bouffe ! Et j’y suis allée à fond ! Enchaud, foie gras, rillettes de canard, soupe à l’ail, pain fumant du fournil et d’excellents rouges bordelais à 2 euros. Cela en plus de profiter grassement de la générosité de mon hôtesse qui transforme aisément les produits locaux en délicieux festin ! Gâtée, je vous dis, et de retour avec quelques kilos en prime !

Avec tout cela, inutile de vous dire que la diversité culturelle, je suis pour et partante en tout temps ! Prochaine virée : Costa Rica ! À suivre…

 

* L’intelligence culturelle explore le développement de 4 compétences clés pour mieux naviguer la diversité culturelle, qu’elle soit ethnique, de genre, de race ou tout autre aspect du large éventail de la diversité. Ces compétences incluent la motivation, le savoir, la stratégie et l’action.

 

 

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