Diversité et enseignement

Diversité et éducation

Cet hiver, j’ai donné un cours de Communications et intelligence culturelle à un groupe d’étudiantes et étudiants de maîtrise au HEC de Montréal. Aucun n’était d’origine canadienne. L’un provenait de la Chine, deux autres des États-Unis, un de l’Italie et un autre, nouvellement établit en France. Le cours se donnant en mode hybride, 3 d’entre eux suivaient le cours en classe à Montréal et les autres, chez eux à Rome et à Paris. Tout à fait le genre de défi d’enseignement qui m’allume! Aujourd’hui, la diversité est omniprésente dans les salles de classe de même que lors de formations en entreprise. Plus encore en environnements virtuels et hybrides qui peuvent réunir des participant(e)s de partout sur la planète. Jamais auparavant les éducateurs et éducatrices, formateurs et formatrices ont eu à naviguer autant dans la diversité.

Les avantages des classes multiculturelles

Réunir en un seul groupe d’apprentissage des étudiant(e)s ou des collègues de cultures diverses comporte de nombreux avantages. En tête de liste, citons un échange enrichi par les différentes perspectives qu’apportent les participant(e)s d’ethnies, de genres ou d’âges variés – puisque la diversité englobe nombre de groupes culturels.

Nombre d’études démontrent aussi que la diversité des perspectives engendre plus de créativité et incite l’innovation. Un bel exemple : le film Fin de soirée (Late Night) où la carrière d’une animatrice de talkshow, brillamment interprétée par Emma Thompson, bat de l’aile. Les choses changent lorsqu’elle embauche une femme de 20 ans sa cadette d’origine indienne, l’hilarante Mindy Kaling, dans son équipe de rédacteurs constituée uniquement d’hommes blancs, gradués de Harvard. L’apport féminin s’ajoute à la perspective d’une autre génération et d’une autre culture pour venir bousculer avantageusement les textes des scénarios. Résultat, l’animatrice retrouve le succès et relance sa carrière avec une nouvelle approche.

Les enjeux de la diversité en classe

Pour les éducatrices et éducateurs en institutions scolaires ou en entreprise, la diversité comporte son lot d’enjeux. Prenons la langue d’enseignement lorsqu’elle n’est pas la première de certain(e)s participant(e)s. Si l’on enseigne en français canadien et que le groupe comporte des anglophones, des allophones ou même des Français européens, il faut s’attendre à un rythme moins rapide de compréhension. Il faut surveiller son débit et anticiper des malentendus notamment si l’on utilise des expressions locales ou un jargon professionnel.

Un autre enjeu fort commun lorsqu’il s’agit de rassembler des collègues de différents pays pour une formation virtuelle, par exemple : ne considérer que l’horaire local. Les dirigeant(e)s au bureau chef, même si au fait des décalages horaires, oublient souvent d’alterner les heures de réunions pour accommoder les collègues outre-mer.

Lors d’une séance de formation avec un groupe en Chine, j’ai proposé une séance à 10h du matin, heure de Beijing. Cela voulait dire 20h, heure de Montréal, ma base du moment. Le premier commentaire reçu des participant(e)s fut un chaleureux merci pour leur avoir – enfin – permis de suivre une formation au travail plutôt qu’en soirée à la maison. Cela m’a valu leur pleine attention pour les 3 heures de la formation virtuelle. Une belle réussite!

Éviter les inconforts et les offenses involontaires

Considérer la diversité dans l’enseignement implique aussi une attention particulière à certaines pratiques ou formes de communication. On peut penser alléger l’atmosphère d’un sujet complexe en utilisant l’humour, par exemple. Or, en contexte culturel diversifié, l’humour peut occasionner des inconforts chez les unes, ou même, insulter certains autres.

Si l’on privilégie l’humour, il est préférable de se restreindre à des thématiques neutres. Éviter les blagues qui divise les genres ou qui stéréotypent certaines cultures. Cela semble évident mais ce n’est pas si facile à faire. Comme chacun est bien empreint de sa propre culture, il s’avère parfois difficile de se mettre dans la peau de l’autre. Il faut anticiper des situations inconfortables et savoir les gérer.

Savoir s’adapter

Les éducateurs et éducatrices peuvent se doter de plusieurs outils pour mieux adapter leurs pratiques d’enseignement. Sachant que son groupe comportera des participant(e)s de l’Inde, par exemple, on peut déjà faire des recherches pour mieux connaître les aspects de la culture indienne susceptibles d’influencer le mode d’apprentissage ou la compréhension.

Développer son savoir constitue l’une des 4 compétences de l’intelligence culturelle (CQ). Celui ou celle qui sait développer et maîtriser ces compétences sauront mieux agir, travailler et communiquer en environnement multiculturel, quelle que soit le groupe culturel. En contexte d’apprentissage, l’intelligence culturelle se veut plus qu’un atout mais bien, un ensemble de compétences essentielles pour assurer une formation efficace et inclusive.

 

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Photo par Isabella and Zsa Fischer sur Unsplash

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