Différences culturelles et solidarité en temps de crise

diversité et solidarité

Une amie chère m’a récemment transmis une vidéo porteuse d’un message de solidarité : l’appel de Matthew McConaughey nous invite à nous unir dans « l’équité, la gentillesse, la responsabilité, la résilience, le respect et le courage » pour combattre cette « maladie sans visage, sans race, et sans sexe ». Comme l’a noté mon amie, ce message mobilisateur nous rappelle que « nous ne faisons plus qu’un ». Il corrobore son point de vue selon lequel, dans ces circonstances extraordinaires, « les rebords parfois acérés des différences culturelles s’adoucissent ». J’en suis! Je suis d’ailleurs ravie de constater ces gens qui outrepassent leurs différences pour s’unir et aider à éradiquer un autre ennemi mondial. Mais bien que les différences semblent s’estomper devant l’actuelle pandémie, la façon dont nous la percevons, dont nous en subissons les conséquences et dont nous y réagissons diffère sensiblement, notamment en raison de nos valeurs culturelles différentes.

Ennemi commun, valeurs culturelles différentes

Comme nous nous unissons pour combattre un ennemi commun, nos actions et réactions sont dictées par nos valeurs culturelles — valeurs qui diffèrent d’une culture à l’autre. Pour explorer ce point, examinons une valeur précise : l’évitement (ou le contrôle) de l’incertitude. L’observation de la façon dont les différentes cultures réagissent à l’incertitude — certainement évidente en cette ère pandémique — peut nous aider à comprendre, voire à prévoir, les diverses réactions et stratégies adoptées par chaque pays.

Évitement élevé de l’incertitude

Les cultures d’Amérique latine et d’Europe latine tendent à éviter l’incertitude, ce qui signifie qu’elles sont fort peu enclines à prendre des risques. Dans la situation actuelle, elles auront tendance à réagir rapidement et à déployer des mesures importantes pour minimiser les risques autant que possible.

  • La France, par exemple, a rapidement imposé un verrouillage du pays, limitant les sorties à une heure par jour. Pour faire respecter cette mesure, ils ont imposé l’une de nombreuses mesures strictes : toute personne qui sort doit pouvoir produire des papiers attestant du respect de l’horaire. La police française reste visible dans les rues pour assurer le strict respect de ces mesures, sécurisant ainsi les Français peu avides de risque.
  • Le Québec, province française du Canada, dont la culture est considérée comme faisant partie du pôle culturel latino-européen, a été la première en son pays à mettre en œuvre des mesures restrictives. Elle a largement devancé ses homologues anglophones qui l’ont ensuite suivi selon leurs propres valeurs — le Canada anglais fait partie d’une grappe culturelle qui, à l’inverse, exprime un faible niveau d’évitement devant l’incertitude.

Faible évitement de l’incertitude

Des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis et les pays scandinaves ont tendance à moins éviter l’incertitude. Conformément à leur culture moins réticente à l’égard du risque, les gouvernements de ces pays ont adopté des approches moins restrictives devant la pandémie :

  • Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède ont d’abord envisagé le principe d’« immunité collective», préférant laisser le virus infecter un certain nombre de personnes pour développer l’immunité et limiter la propagation. La Suède — dont l’approche laxiste a encouragé ses habitants à être responsables et à se restreindre d’eux-mêmes — a été accusée par d’autres nations de jouer à la roulette russe. Ces pays ont fini par changer de cap lorsque la propagation du virus s’est mise à croître rapidement.
  • Les États-Unis ont largement retardé leur réaction à la montée de la maladie, ignorant les premiers cas, croyant qu’elle « disparaîtrait… comme par miracle ». Ce n’est que lorsque le virus a accéléré sa propagation que le discours a commencé à changer, bien que confus et souvent peu convaincant. En conséquence, les États-Unis sont rapidement devenus l’épicentre épidémique mondial, devant la Chine, l’Espagne et l’Italie.

Plusieurs différences culturelles, un peuple uni

Cette maladie nous unit comme jamais auparavant. Les gens se rassemblent dans leurs communautés respectives, mettant leurs différences de côté au profit de la solidarité et de la bonté humaine. Et bien que les différences culturelles subsistent, nous pouvons tirer de cette extraordinaire tournure des événements une leçon qui changera notre vie : les différences n’ont pas à nous séparer.

Alors que nous outrepassons les différences pour nous unir et combattre ensemble, nous pourrions, espérons-le, apprendre et appliquer cette immense leçon pour mettre fin aux conflits mondiaux. Nous sommes peut-être tous différents, mais nous sommes tous humains. Les différences culturelles ne doivent pas être un obstacle, mais plutôt un moyen pour nous d’apprendre les uns des autres.

Bon courage à toutes et tous!

xo

 

 

 

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